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250 ans d'immobilier…

Mis à jour : 23 avr. 2018

Avant 1789 le clergé possédait à Paris 55% de la propriété immobilière, la noblesse 35% et la bourgeoisie 15%. Une révolution plus tard en 1850 la bourgeoisie possédait 92% et la noblesse 7%, "exit le clergé" 1%. Entre temps en 1832, la pandémie de choléra qui fait 18000 morts à Paris, questionne les médecins qui concluent à une propagation liée aux conditions d'insalubrité des logements des plus pauvres. En 1849 la première cité ouvrière naît à Paris sous l'impulsion de Louis Napoléon Bonaparte. ( deuxième photo ).. Le 13 avril 1850, la première loi concernant le logement ouvrier et relative à « l'assainissement et à l'interdiction des logements insalubres » est votée. Cette loi rencontrera une forte opposition, c'est le portrait typique que l’on retrouvera sur l’habitat insalubre jusque dans les années 1950 : « l’ouvrier délaisse son foyer pour la rue et le cabaret, où il gaspille ses maigres ressources et ravage sa santé, tandis que son épouse s’étiole dans un intérieur délabré, guettée par la tuberculose, et que ses enfants jouent dans les rues, exposés à ses influences ». (extrait tiré d'un discours sur l'impossible évolution de l'ouvrier et de ses conditions matérielles et donc de son logement ). Pourtant certains patrons soucieux des conditions de vie de leurs employés,vont envisager un nouveau modèle social, usines et logement, c'est l'apparition des "familistères", étymologiquement "lieu de réunion des familles", des cités sont construites, des écoles, des hôpitaux, autour ou au sein même des usines, le confort pour mieux travailler. Ces formidables expériences sont restées minoritaires mais perdureront. Les Expositions Universelles de Paris en 1867 et 1889 permettront de présenter les maisons ouvrières avec des reconstitutions grandeurs natures à un vaste public, c'est ainsi que naîtront les HBM, "habitation bon marché" et ce jusqu'en 1950. On peut considérer que de 1910 à 1940 l'essor immobilier du logement social a été un enjeu majeur, participation des collectivités locales et apparition des premiers grands bâtisseurs privés. C'est ainsi que les particuliers vont commencer à pouvoir acheter ou faire construire leur maison. Une guerre mondiale plus tard. Quand l'immobilier va tout va.... Jusqu'au lendemain de la seconde guerre mondiale, les ménages étaient donc en très grande majorité locataires de leur résidence principale. L'après guerre et la reconstruction de certaines villes, va permettre l'apparition de ce que l'on appelle les "grands ensembles", des millions de logements sont construits, au détriment de la qualité et de réflexions urbanistiques ou sociales. La notion de propriété va s'imposer lentement en France à partir des années 50, durant les "trente glorieuses". Jusqu'à cette période, les banques ne faisaient pas de crédit immobilier, les banques qui collectaient une épargne liquide ou semi-liquide jugeaient impossible de l'utiliser autrement que pour une utilisation à court terme, elles ne participaient donc pas au financement immobilier. C'est à partir de la généralisation du crédit que le nombre de propriétaires va réellement augmenter. L'Etat subventionnera massivement les bailleurs sociaux durant les années 60. Des centaines de milliers de logements verront le jour autour des grandes agglomérations. L'état favorisera l'accession à la propriété individuelle afin de répondre à un double objectif, le choix des Français pour la maison individuelle et une accélération de l'urbanisation en périphérie des villes. Comment accueillir 600000 Français d'Algérie, si ce n'est en construisant plus et en favorisant l'accession à la propriété. Entre 1968 et 1977, plus de 4 761 000 logements ont été construits dans les secteurs libres et aidés. Le rôle des banques.. L'augmentation du taux de propriétaires occupants n'a été possible que par la mise en place des prêts aidés de l'État et par l'augmentation de la durée du crédit durant les années 70 et 80. Les taux de crédits immobiliers sur cette période varieront de 6% en moyenne début année 1960 à plus de 15% dans les années 1970 suite notamment au 2 chocs pétroliers dans ces années là. Formidable machine à cash économique, l'immobilier s'étendra aux bords de mer, sur les pistes de ski, en loi fiscale favorisant l'investissement locatif, et même en "pierre papier". Les propriétaires accédants surendettés, verront leur accès au crédit limité par les pouvoirs publics au début des années 90. Malgré des taux d'intérêt attractifs et une faible inflation durant les années 2000, le taux de propriétaires occupants va en réalité progresser très faiblement malgré un marché dynamique. Les prix immobiliers en France ont connu une hausse de 141% entre 1998 et 2010 alors que l'inflation ne progressait que de 22%. Les banques allongeront la durée des crédits, 25 ans, voir 30 ans, pour permettre l'accession à la propriété. Depuis la crise financière de 2008, les banques ont commencé à moins prêter sur de longues durées. Afin de diminuer la consommation de fonds propres et de mieux gérer le risque crédit, les établissements prêteurs sont plus sélectifs qu'autrefois. Aujourd'hui on compte 34.5 millions de logements, 28.4 millions en résidence principale, 3.2 millions en résidence secondaire, et 1.8 million de logements vacants. 57.9% des ménages sont propriétaires de leur résidence principale, 7.6% sont propriétaires d'un bien locatif, et 4.9% sont propriétaires d'une résidence secondaire. L'immobilier reste la valeur phare dans le patrimoine des Français, sécurité, transmission familiale de la résidence principale, investissement locatif. Le logement reste toujours d'actualité dans le monde politique, car quand le bâtiment va tout va.... Alors achetez vite, par l'intermédiaire d'un agent immobilier bien évidemment.